La municipalité a lancé il y a trois ans une vaste opération de reconstruction de l’Ecole Ferdinand Buisson.
C’était une bonne nouvelle à priori, les équipements scolaires de la ville étant dans l’ensemble saturés et vieillissants,  après 30 ans de sous-investissements.
Pourtant les difficultés ont commencé
dès le début de l’opération.

D’abord parce que le choix de l’école à rénover en priorité pose problème : située dans un quartier très fréquenté, à deux pas de la gare, des lycées et du centre-ville, une foule de piétons s’y croisent chaque jour, pour prendre le train ou pour rejoindre leurs lycées et collège. Par ailleurs l’avenue Charles de Gaulle est saturée de voitures et de bus qui tous doivent passer sous la voie ferrée au même endroit. Les embouteillages y sont nombreux le matin et le soir, aux heures scolaires. Le chantier de rénovation devait donc se faire dans un milieu sur fréquenté, ce qui complique les opérations.
Ensuite parce que l’essentiel des nouveaux programmes de constructions se situe sur le plateau, et que les écoles du plateau sont elles aussi déjà saturées. Si l’on ajoute que les modifications récentes de la carte scolaire de la commune surchargent les effectifs de l’école Ferdinand Buisson, on aboutit à des conditions de réalisation de ce projet très défavorables.

Le projet initial portant sur la seule école élémentaire était chiffré à un montant d’environ 4,7 millions d’euros, ce qui restait dans une norme acceptable au regard du nombre de classes construites. Mais en cours de route, avec le regroupement de l’école maternelle Paul Bert, le budget est grimpé à 8,5 puis plus de 11 millions d’euros, d’après les prévisions de la commune.
Et c’est dans ce contexte que les appels d’offre ont été faits, dans un manque de coordination qui apparait clairement aujourd’hui.

« Les modifications successives du projet ont fait exploser le budget d’investissement »

La partie démolition a été attribuée et exécutée sans que les marchés suivants, gros œuvre, plomberie et électricité, soient assurés. La démolition est donc achevée depuis trois mois, et c’est seulement le 17 octobre dernier que le marché de gros œuvre et les marchés annexes sont passés en commision. Or le marché principal, celui du gros oeuvre, n’a reçu qu’une seule réponse, émanant d’une filiale de Vinci-Construction, proposant un chiffrage de 8,69 millions au lieu des 6, 19 millions estimés par le maitre d’œuvre, soit près de 40% de surcoût !
Comment l’organisme mandaté par la ville  explique ces prix exorbitants?  par les coûts d’installation de chantier, sous-estimés dans le chiffrage Mairie pour environ 400 000 euros, et par la pénurie supposée de la main d’œuvre, occupée aux différents chantiers des jeux olympiques, et de la Métropole du grand Paris. Une explication qui ne tient pas en regardant le détail du devis, dont les surestimations en coût de fournitures sont elles aussi très supérieures aux normes. On peut également s’interroger sur le nombre de chantiers programmés en fin de mandat par les maires de la région en prévision des municipales de façon à favoriser leur réélection.

« Des retards qui s’additionnent »

Les conséquences de tout cela : un premier retard du chantier, le temps de relancer un nouvel appel d’offre peut-être un peu mieux calibré, pour accueillir davantage de réponses des entreprises.
Mais aussi un retard supplémentaire du à un allongement du calendrier du chantier, dont le maitre d’œuvre reconnait aujourd’hui qu’il n’était pas réaliste et qu’il a découragé des réponses d’entreprises. Estimation totale du retard : entre 6 mois et un an, il est impossible de le prévoir aujourd’hui avec précision.

Et aussi un  certain nouveau dérapage budgétaire de l’opération, alors que ce budget était déjà très élevé au regard du nombre de classes construites. Sans oublier les coûts fixes de location d’algéco vont encore alourdir la note, selon la durée de l’allongement des travaux. La encore, impossible d’être précis avant le retour des appels d’offre.
Tout ce contexte ne sera pas favorable à la Ville lorsqu’elle devra négocier avec les futures entreprises soumissionnaires du fait d’un chantier bloqué au milieu du gué, démolition effectuée.

En conclusion, on ne peut que constater le manque de maîtrise d’un bout à l’ autre de ce projet :

• La priorité donnée à la rénovation de l’Ecole Ferdinand Buisson, le site le moins facile, alors que d’autres solutions n’ont même pas été étudiées ;
• L’absence d’un meilleur financement de la part du Conseil Départemental puisque l’opération devrait permettre de réattribuer les espaces occupés jusqu’alors par la maternelle Paul Bert et donc d’agrandir le collège Paul Bert ;
• Les changements de cap en cours de projet qui ont fait exploser le budget jusqu’à absorber l’essentiel de nos capacités d’investissement ;
• Et maintenant l’exécution, dont l’essentiel a été confié à des organismes extérieurs, sans contrôle et sans maîtrise de l’exécutif municipal.
C’est probablement la prochaine équipe municipale qui devra trouver des solutions, et ce n’est pas sans rappeler la construction du gymnase Cheymol, qui avait connu des débuts cahotiques avant que la municipalité suivante ne répare les dégâts et supporte les surcoûts.