Le quartier de la gare est le plus ancien de la commune. De nombreux Saviniens s’y croisent du fait de la présence de la gare, de deux lycées, d’un marché et de deux écoles d’art. Il est bien normal qu’il puisse y avoir une ZAC pour préserver les lieux remarquables, pour résoudre les difficultés de circulation, dynamiser le commerce, et requalifier l’habitat. Cette transformation du quartier est du ressort de l’intercommunalité, mais dans la pratique, la GOSB (Grand Orly Seine Bièvre) se décharge de cette mission sur le Maire de Savigny, qui donc peut à sa guise décider des opérations sans aucun contrôle. Les Saviniens, eux, n’entendent pas être dépossédés de leur droit de regard sur les évolutions à prévoir, même si elles ne sont envisagées qu’à long terme.

Depuis quand est-il question d’une ZAC à Savigny-sur-Orge?

Le 20 juin 2018,  le Conseil municipal a voté le lancement d’études concernant une ZAC, zone d’aménagement concerté dans le quartier gare-place Davout.

On peut s’étonner du caractère quasi confidentiel de l’opération. A la fin juin 2018, en effet, la ZAC a été présentée place Davout à un public très restreint.

C’est seulement le 1er juillet 2019 qu’une réunion publique a permis à un nombre important d’habitants de découvrir le projet de réhabilitation du centre-ville de Savigny concocté par un bureau d’études privé, Land’act. C’est à partir des hypothèses de ce bureau d’études que la mairie devra construire un projet concret.

Pourquoi une ZAC ?

Les objectifs en ont été ainsi définis :

Donner un avenir à un quartier historique ;

– Retrouver une diversité dans l’offre de commerces et de services de proximité ;

– Définir et organiser les déplacements de demain ;

– Harmoniser l’urbanisation et renforcer l’attractivité du quartier.

Difficile de mettre en cause une telle collection de bonnes intentions, mais les interventions formulées par les Saviniens en juillet dernier traduisaient surtout beaucoup d’inquiétudes.

Des perspectives  qui soulèvent beaucoup de questions

• Quels sont précisément les contours de la ZAC ? La présentation de juillet 2019, accessible sur le site de la mairie , ne permet pas vraiment d’en juger. Qui a décidé de cette délimitation ? On y relève un certain nombre d’incohérences :
◦ L’école maternelle Paul Bert est dans le périmètre mais pas le groupe scolaire Ferdinand Buisson
◦ Le quartier Camille Claudel est exclu du périmètre, de même que la résidence Chateaubriand
◦ Le parking SNCF rue de la Fontaine blanche en est exclu alors même que le stationnement est trop rare dans le quartier.

• Comment entend-on faire évoluer l’offre de commerces, une priorité pour les habitants, consternés par la disparition du supermarché de la rue Chateaubriand et le développement anarchique de la restauration rapide aux alentours de la gare ?

• Que peut-on envisager concrètement pour améliorer les déplacements, à part espérer « une circulation apaisée », comme cela a été répété maintes fois lors de la réunion publique de juillet dernier ? Aucune piste de solution n’a été évoquée.

• Qu’entend-on par « harmoniser l’urbanisation » ? Pour l’instant, on ne peut pas dire que les projets immobiliers qui fleurissent ici et là se soient implantés harmonieusement, et cela s’est fait dans la plus grande opacité.

Une grande inconnue : l’habitat.

Le site de la mairie présente un écho des contributions et avis (une centaine) qui ont été produits à l’issue de la réunion de juillet 2019, et veut y voir ce qui constituerait des priorités aux yeux des Saviniens. En tête, l’offre commerciale à diversifier (38%), puis les mobilités et la sécurité (23%), enfin la végétalisation (22%). Les aménagements urbains (12%) et l’organisation de l’habitat (4%) viennent nettement en fin de liste avec la propreté (2%).
Très peu d’interventions donc concernent l’habitat proprement dit, tant la présentation est restée floue à ce sujet : il y aurait des zones à réhabiliter, certains bâtiments à rénover, d’autres à reconstruire… Mais lesquels ? Trop d’inconnues pour émettre quelque avis que ce soit. Le petit nombre de réponses portant sur l’organisation de l’habitat ne doit pas être considéré comme une marque d’indifférence pour un aspect central du futur aménagement, mais comme le reflet d’un profond désarroi.

Les propositions de Bien Vivre à Savigny

  • Tout d’abord consulter véritablement les habitants sur des questions qui les touchent d’aussi près et dialoguer avec eux, par exemple à travers de réunions de quartier qui permettront de mieux connaître les attentes de tous. Une vague consultation par internet n’est qu’un simulacre de démocratie, car elle touche trop peu d’habitants. La municipalité se doit d’être plus transparente et plus proche d’eux.
  • Favoriser une offre commerciale diversifiée, par des mesures concrètes d’encouragement, et par une requalification urbaine du quartier.
  • Améliorer les déplacements et traiter enfin la question du stationnement résidentiel. L’implantation de nouveaux ensembles immobiliers ne doit pas ignorer la prise en compte de ces problèmes qui s’amplifient avec chaque nouvel immeuble construit. Il est aussi nécessaire de développer les alternatives à la voiture en aménageant des voies protégées pour la circulation des vélos, et de rénover et réaménager les trottoirs pour faciliter le passage des piétons.
  • Repenser la circulation des transports en commun  pour plus de fluidité.
  • Mettre en valeur les établissements à vocation culturelle du quartier (Ecole municipale d’Arts Plastiques, Conservatoire et MJC) et en faire les moteurs de la vie de quartier.
  • Enfin il est urgent d’entreprendre une véritable re-végétalisation du quartier, comme de l’ensemble de la ville, où l’on constate pour l’instant surtout beaucoup de coupes d’arbres et de bitumage injustifiés.

En conclusion

Bien Vivre à Savigny reviendra sur l’étude de ce projet, par une consultation plus ample et plus ouverte. Tout devra y être abordé, depuis le périmètre de la ZAC jusqu’aux objectifs poursuivis, de manière à trouver des solutions de réaménagement efficaces pour ce quartier au cœur de la commune dans l’intérêt des Saviniennes et des Saviniens.