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Auteur/autrice : Jean-Marc DEFREMONT

Projet de rénovation urbaine de Grand Vaux

Le projet de rénovation du quartier Grand Vaux arrive enfin dans sa phase opérationnelle.

C’est le fruit d’un long cheminement, commencé après 2008 et la prise de conscience du délabrement de ce quartier bâti dans les années 60 et négligé depuis les années 80, comme de nombreux autres l’ont été dans les banlieues.

C’est aussi le moment où tout se noue, ou les choix essentiels se figent, dessinant ce que seront les nouveaux espaces, les nouvelles activités, et l’avenir de la population.

Comme l‘indique la note de synthèse, plusieurs alternances municipales récentes ont infléchi plus ou moins profondément ce projet, tout en conservant une ossature générale commune.

Le projet initial comportait de nombreuses failles. Nous ne pouvons que nous satisfaire que plusieurs modifications que nous avons apportées entre 2020 et 2021 aient été conservées.

Ainsi le choix de la géothermie en collaboration avec les villes voisines permettra d’apporter aux habitants une solution moins couteuse, moins polluante, et surtout plus réaliste que le que le mix gaz/ biomasse qui avait prévalu jusqu’en 2020.

De même l’amélioration du nombre de logements sociaux reconstruits sur place, que nous avons négociée avec l’ANRU, redonne un peu de respiration à la ville qui sans cela, par manque de réserves foncières, n’aurait pas été en capacité de reconstituer les logements détruits dans le cadre de ce projet.

Enfin les renégociations financières que nous avons menées avec les opérateurs et avec l’ANRU, ont permis à la ville et à l’EPT d’économiser de plus de 6 millions d’euros d’investissement, rendant le projet soutenable financièrement, ce qui n’était pas le cas en 2020 lorsque nous avons repris le dossier.

Il faut d’ailleurs remercier chaleureusement les services de l’EPT et le cabinet Sorgem, qui n’ont pas ménagé leur peine pour faire aboutir ces négociations.

Pourtant plusieurs points faibles demeurent au moment de figer le projet. Parmi ces points je voudrais en souligner trois :

  • Tout d’abord, il faut le noter, seuls 13% des habitants actuels de ce quartier y resteront à l’issue de la rénovation. Ainsi, un peu plus d’un sur dix de ces mêmes habitants qui ont enduré la dégradation de leur habitat durant de nombreuses années, bénéficieront de la rénovation. Bien sûr les conditions posées par l’ANRU imposent de diversifier l’habitat et donc de déplacer des populations. Bien sûr les enquêtes de relogement montrent une volonté de départ de nombreuses familles vers un cadre de vie qu’elles espèrent meilleur. Mais le fait demeure : le budget de 100 millions consacré à cette opération ne bénéficiera que très peu aux familles les plus impactées par la dégradation du quartier. Les pistes de relogement mènent encore trop souvent vers des logements tout aussi dégradés que celui de Grand Vaux, déplaçant les difficultés au lieu de les traiter.
  • Il faut noter également la faiblesse des réponses à l‘enclavement du quartier, coupé de la ville depuis sa construction par l’autoroute A6, une des causes principales de sa dégradation. Après l’occasion manquée du tram train Massy Evry qui ne comporte aucun arrêt à Grand Vaux, le quartier le plus peuplé du secteur, le projet de rénovation en 2018 a amplifié la difficulté en ne désenclavant que vers la ville voisine d’Epinay, vers l’extérieur, alors que la priorité aurait dû porter sur le franchissement de l’autoroute, pour rattacher le quartier au reste de notre commune. Malgré tous nos efforts, il n’a pas été possible en 2020 de revenir sur cette erreur commise au début du projet, le périmètre de la ZAC n’incluant pas la voie au sud du quartier, où se trouve une rue notoirement trop étroite pour assurer les circulations d’une population de près de 6000 habitants. Cette question du désenclavement est capitale et il est incompréhensible qu’elle n’ait pas été mieux prise en compte, au point de risquer de compromettre à terme la réussite d’un projet qui représente près de 100 millions de budget, dont beaucoup d’argent public.
  • Enfin nous devons regarder objectivement l’évolution du quartier et le rapport qu’il conservera, ou pas, avec son histoire. Bien qu’une attention particulière soit portée sur l’amélioration paysagère du quartier, l’emprise au sol des bâtiments va pratiquement doubler. Qui plus est, même s’il est prévu de replanter davantage d’arbres qu’on en abattra, le quartier aujourd’hui comporte une grande richesse d’arbres anciens, qui ont fait partie du parc du château de Grand Vaux démoli dans les années 50. Il en est de même pour le patrimoine bâti. Nous avions engagé en 2021 le rachat d’un ilot de maisons du 18eme siècle en bon état de conservation et qui témoignent de l’histoire du quartier. Contemporaines du château de Grand Vaux, elles bordaient l’ancien potager de la propriété et l’ancien moulin aujourd’hui disparu.

Situés en bordure du projet, en dehors des zones de démolition/reconstruction, ces bâtiments pouvaient se reconvertir en un équipement public qualitatif qui aurait maintenu le lien de ce quartier avec son histoire ancienne et récente. Ce sont les bâtiments qui conservent ce lien, ce sont les pierres qui nous relient à notre histoire, et non les 200 000 euros que le projet consacre à la réalisation de vidéos que bien peu regarderont. En adossant la future maison de quartier à cet ensemble revalorisé, situé juste à côté du futur espace paysagé en bordure de l’Yvette, c’est tout à la fois une disponibilité plus rapide plus cohérente et plus qualitative que le projet aurait gagnée, donnant davantage d’âme et de sens aux 1,6 millions d’euros que le projet prévoit désormais de consacrer à une maison de quartier « tout béton », excentrée et sans âme.

On a pu constater ces derniers mois une certaine désinvolture de la commune envers son histoire, envers son patrimoine bâti et son patrimoine arboré. Le quartier Grand Vaux pâtit donc de cette même négligence, et c’est dommage.

Pour conclure, nous voterons bien sûr pour l’engagement de ce projet si attendu, qui aura mobilisé de longs efforts, mais nous ne pouvons que déplorer les derniers arbitrages d’une majorité qui n’a pas eu la volonté et la ténacité pour défendre jusqu’au bout des améliorations importantes qu’il était possible d’obtenir et qui auraient amélioré au bénéfice de tous cette rénovation urbaine majeure.

SAVIGNY : MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE

L’avenue Carnot est en cours de réfection depuis un an, avec des aménagements pour les cyclistes. Nous avions choisi, en accord avec les riverains, de conserver tous les arbres sains de cette belle avenue arborée et de remplacer les quelques marronniers fragilisés. Hélas la nouvelle équipe municipale est venue tout détruire, pour soi disant faire passer les réseaux de communication, qui sont déjà en place, pour limiter les frais d’entretien et de taille, et surtout, surtout, pour créer quelques places de stationnement supplémentaires, dans une rue qui n’est pourtant pas saturée. Résultat, une nouvelle destruction de notre patrimoine arboré, après cette de l’avenue de Fromenteau et celle des Marronniers. 

Décidément cette équipe ne respecte ni notre cadre de vie ni son patrimoine, après le refus de sauvegarder les maisons remarquables de la rue Chateaubriand et de la rue Toulouse Lautrec.

L'avenue Carnot est devenue l'avenue carnage.